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Cachez ce banlieusard que je ne saurais voir

Dans un entretien au journal Le Parisien, David Belliard, nouvel adjoint au maire aux transports à la Ville de Paris, se place dans la continuité anti-banlieue de son prédécesseur Christophe Najdovski. L’annonce de la suppression de 70.000 places de stationnement prise sans aucune concertation avec les villes et les départements voisins, toujours dépendants de la voiture et de la capitale doit appeler une réaction. 

1. Alors que Paris cumule les emplois, les opportunités et les équipements au détriment de la banlieue (réaménagement récent de la carte des Jeux Olympiques), Paris ne peut pas maintenir la dépendance économique des banlieusards à son égard ET leur dénier l’accès à la capitale par sa politique anti-automobile brutale et son refus de rééquilibrer les investissements transports en Ile-de-France.

2. Nous rappelons que le ratio emploi / habitant en Ile-de-France s’échelonne de 0,31 dans le Val d’Oise à 0,83 pour Paris avec une aggravation continue des écarts ces dernières années à cause notamment des dysfonctionnements des transports et de la politique d’attractivité économique agressive de la capitale.

3. En toute logique, Paris doit accompagner sa politique isolationniste à l’égard de la banlieue de restitutions d’emplois et d’équipements de centralité ce qu’elle ne fait. C’est aussi aux élus de banlieue de faire entendre leur voix et de défendre les intérêts de leurs habitants.

4. La nécessité du combat écologique ne fait pas débat. Ce sont ses modalités de mise en œuvre qui devraient être débattues. La première priorité en la matière devrait être de réparer les RER et de densifier les réseaux de bus partout en Ile-de-France. Ce que l’on constate depuis plusieurs années, c’est un report de pollution de Paris vers sa banlieue. 

5. Pour assurer la cohérence des schémas de déplacement, d’emplois et de logement dans la principale région d’Europe, la Vignette du Respect continue de plaider pour le transfert de les crédits et compétences d’investissement en la matière au seul échelon régional. Paris ne peut pas décider seule du destin de 12 millions de Franciliens.

« Cachez ce banlieusard que je ne saurais voir. » Comme le Tartuffe, la Ville de Paris se sert du légitime combat écologique pour aggraver les inégalités sociales et territoriales en Ile-de-France. L’hyper-centralisme tue la région parisienne, étouffe ses talents, rend ses villes dortoirs et contraint des millions de Franciliens à près d’une heure et demie de galère dans les transports chaque jour. La banlieue réclame à Paris, des emplois et des infrastructures à défaut de pouvoir continuer de stationner chez elle.