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Périphérique : Paris ne peut pas décider seule du statut de sa frontière avec la banlieue

La mission de la Ville de Paris sur le boulevard périphérique a remis son rapport à Anne Hidalgo ce mardi 28 mai. La maire de Paris s’est empressée d’indiquer qu’elle souhaitait mettre en œuvre « au plus vite » les préconisations du rapport d’une mission exclusivement composée d’élus parisiens.

Consultez le rapport ici -> RAPPORT-MIE-Périphérique-21-mai-2019

Nous n’avons pas peur de l’affirmer : il n’appartient pas à la Ville de Paris de déterminer unilatéralement le statut de la frontière qui la sépare de sa banlieue.

Alors que l’Ile-de-France est au bord de l’explosion à cause de la saturation de toutes les voies de transport (transports en commun comme routes), de la hausse des prix de l’immobilier qui crée l’étalement urbain et accroît les distances, les villes, les territoires, les élus de banlieue doivent se saisir du débat sur l’avenir du boulevard périphérique et faire respecter les intérêts de leurs habitants.

Un exemple résume tout : l’interdiction, proposée dans le rapport, des 3,5 tonnes sur le boulevard périphérique va créer comme souvent un report de pollution que subiront les riverains de l’A86 et de la N104, les autres ceintures routières franciliennes.

Le combat pour l’environnement, ce ne peut pas être envoyer chez les autres les désagréments dont on ne veut plus chez soi ! C’est un combat planétaire qui exige la création de solutions durables.

Cette voie de transport impacte la vie de 12 millions de Franciliens. Comme le reconnaît le rapport, 95% des trajets sur le boulevard périphérique concernent des déplacements Paris-banlieue ou banlieue-Paris. Les projets concernant cette voie ne peuvent donc pas se décider à l’Hôtel de Ville de Paris.

Ainsi, La Vignette du Respect demande :

 

  • Le rééquilibrage des emplois entre le cœur de la métropole et nos territoires de banlieue pour réduire les distances domicile-travail

 

Emplois Population Emploi
2018T3 01/01/2016 par habitant
Paris 1828,9 2190,3 0,83
Hauts de Seine 1063,1 1603,2 0,66
Seine Saint Denis 616,2 1606,7 0,38
Val de Marne 537,7 1378,2 0,39
Seine-et-Marne 466,7 1397,7 0,33
Yvelines 546,3 1431,8 0,38
Essonne 455,4 1287,3 0,35
Val d’Oise 374,5 1221,9 0,31
TOTAL 5888,8 12117,1 0,49

 

Paris conduit une politique schizophrène qui consiste d’un côtéà réduire l’offre de transports en fermant des voies de circulation et en concentrant les investissements en transports en commun sur son territoire et de l’autreà attirer les emplois et les zones d’activités avec une politique de développement économique particulièrement agressive à l’égard de ses voisins, obligeant les banlieusards à travailler toujours plus loin de chez eux.

 

  • Un grand plan de rénovation des RER alors que 4 millions d’usagers sont aujourd’hui abandonnés à leurs difficultés quotidiennes après des décennies de sous-investissement

 

  • Un investissement massif dans les transports de banlieue à banlieue alors que le bouclage de la ligne 15 du Grand Paris Express est aujourd’hui remise en cause

 

  • L’accélération de l’effort national, régional et local en faveur du covoiturage, la réduction de l’autosolisme étant la meilleure manière de réduire l’impact environnemental des transports et la saturation