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Grand Paris Express : le grand n’importe quoi continue

Gilles Carrez, président LR de la commission des finances de l’Assemblée nationale a remis un nouveau rapport hier au Premier ministre pour tenter d’apporter des ressources nouvelles à la construction du Grand Paris Express.

Alors que la crise de la mobilité continue de s’amplifier en Ile-de-France en cette rentrée et qu’elle pourrit la vie de millions d’usagers des transports dans les transports en commun comme sur la route, toutes les énergies se concentrent encore sur le Grand Paris Express alors que l’évidence montre que ne seront respectés ni le plan de financement, ni le calendrier, ni le tracé de ce projet pharaonique.

En cette rentrée, la Vignette du Respect demande une nouvelle fois un big-bang de la mobilité en Ile-de-France pour tout remettre à plat.

Nous demandons aux autorités de répondre à quelques questions simples qui devraient spontanément les conduire à abandonner le Grand Paris Express tel qu’il existe aujourd’hui :

  1. Le Grand Paris Express peut-il permettre de réduire la distance domicile-travail ?
  2. Comment réussir à creuser des tunnels pour relier 60 nouvelles stations lorsque l’on n’arrive pas (techniquement) à creuser moins de 3 kilomètres de tunnels pour créer les 2 stations de métro (ligne 12) promises de longue date à Aubervilliers ?
  3. Comment croire encore des estimations financières qui ont doublé depuis l’origine du projet (de 19 à 35 milliards d’euros) ? Une comparaison avec Londres montre que le plan de financement est irréaliste :

 

  Paris Londres
Infrastructure Grand Paris Express Elizabeth Line
Décision construction 2011 2007
Entrée en service 2024 et 2030 2019
Longueur 200 km 118 km
Longueur tunnels 160 km 21 km
Coût 35 milliards € 19,3 milliards €

Alors que Londres a fait réaliser 8 fois moins de tunnels (déjà construits) que ce que projette le Grand Paris Express, le coût réel du Grand Paris Express est sans doute minoré de 20 à 30% aujourd’hui.

L’aveuglement collectif dont nous faisons preuve sur la question du Grand Paris Express n’est pas sans conséquence.

D’abord sur les habitants de l’Ile-de-France qui paient chaque jour les pots cassés des années de mauvais choix et de tergiversation. Les RER, les bus, les métros dysfonctionnent et sont pleins à craquer. Les embouteillages s’aggravent sur les routes.

Ensuite, sur la France qui va payer un prix croissant pour l’asphyxie des transports de sa première région économique et qui risque de donner une mauvaise image lors des Jeux de Paris 2024.

Nous demandons un plan d’investissement massif dans le renouvellement des infrastructures existantes (RER, métro, bus, routes) et un grand plan d’innovation pour la mobilité (création de nouvelles lignes de rail arien, de tram, de bus, de téléphérique, développement du covoiturage, de l’autopartage et des nouveaux services de mobilité avec un Vélib 3 régional).